Tramandera, radica di l'avene

Prisentazione


Rédigé le Mercredi 20 Juillet 2016 à 14:09 | Lu 702 fois | 0 commentaire(s)

UN TERRITOIRE HOMOGÈNE, COHÉRENT ET À STRUCTURER…


Le programme LEADER pays d’Ajaccio concerne deux cantons (Gravona-Prunelli et Ajaccio 5) et 3 intercommunalités (Communauté des communes de la haute vallée de la Gravona, Communauté des communes du Prunelli et Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien). La ville d’Ajaccio, a été englobée dans le territoire de projet. Elle constitue le pôle urbain du bassin de vie en interaction étroite avec la périphérie rurale. À ce titre cette commune justifiait son rattachement au projet.
Cette mosaïque de micro territoires est aujourd’hui rassemblée autour d’un projet de développement qui se fixe comme objectif de donner du sens à une démarche partenariale en jouant résolument la carte de la complémentarité (articulation rural/urbain), de l’efficacité économique (mutualisation des moyens) et de la cohérence territoriale (adéquation entre priorités de développement / moyens à mettre en œuvre). La mise en synergie des ressources (humaines, techniques, financières) est de nature à créer des interdépendances à haute valeur ajoutée, gage de réussite pour l’ensemble du territoire. Ce projet est ambitieux. C’est le point de départ d’une organisation territoriale structurante et solidaire qui saura dégager les voies et moyens d’une économie diversifiée, ancrée sur les réalités locales et adaptée aux exigences du marché. Chacun des 3 territoires a jusqu’à présent, principalement développé ses propres projets (agenda 21, projets de coopération transnationale, SADE, PRU, PCET, …) dans le cadre de programmes d’actions spécifiques non coordonnés et contractualisés le plus souvent avec des partenaires locaux (Conseil Départemental 2A, CTC, OPH,..). Seules deux initiatives sont portées conjointement par les 3 intercommunalités : le Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) et le pôle touristique. 

1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU TERRITOIRE

Situé dans le département de la Corse-du-Sud, le territoire LEADER « Pays d’Ajaccio » compte 21 communes pour une superficie de 678 km² (16,9% du département) et une population de 91 441 habitants (23 964 habitants hors Ajaccio représentant 17,3% de la population départementale). Ce territoire s’étend des vallées de la GRAVONA et du PRUNELLI aux communes de la CAPA. Le territoire est dominé par l’ampleur du relief et la richesse du contraste entre montagne et littoral. Visible en arrière fond, la chaîne de montagne centrale et ses sommets culminent à plus de 2360 mètres d’altitude (Monte d’ORO). Elle est reliée au littoral par des lignes de crêtes structurant le territoire en vallée. Le futur périmètre du GAL inclut 5 communes de la haute vallée de la GRAVONA, les 6 communes de la vallée du PRUNELLI et les 10 communes de la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccien.

On distingue au sein de ce territoire : une couronne périurbaine qui enserre la Ville d’Ajaccio et développe un urbanisme anarchique et diffus, des communes intermédiaires marquées par l’influence de la ville-centre qui constituent de plus en plus l’arrière-pays de la ville capitale, des communes rurales qui remontent jusqu’à 800 m d’altitude et sont situées pour les plus excentrées à 50 minutes de la ceinture péri-urbaine. La structuration verticale des vallées influence l’organisation économique des activités en fonction de l’altitude :
- Les bas de vallée se caractérisent par l’implantation de petites zones industrielles orientées principalement sur le commerce des matériaux du bâtiment, de l’agro-alimentaire, des services. Elles concentrent également l’essentiel de l’habitat résidentiel,
- Le piémont, situé en zone de moyenne montagne dispose de potentialités pour développer l’agriculture traditionnelle et le tourisme vert,
- Les hauts de vallée traditionnellement voués à l’élevage et tournés vers le développement des activités de pleine nature.

Le territoire du « Pays d’Ajaccio » est caractérisé par une absence déconcertante de document d’urbanisme. Seules 6 communes sur les 21 disposent à ce jour d’un Plan Local d’Urbanisme (VILLANOVA, ALATA, TOLLA, CUTTOLI, OCANA, BASTELICACCIA). La commune de VERO a élaboré, pour sa part, une carte communale. Cette réticence à vouloir planifier de manière concertée et rationnelle l’espace produit immanquablement de lourdes incohérences territoriales qui deviennent au fil des ans des freins rédhibitoires à toutes possibilités de développement. La plupart des communes situées dans la couronne péri-urbaine ont connu des accroissements significatifs de population (+30 à +40% au cours des dernières années) alors que leurs documents d’urbanismes sont depuis de trop nombreuses années toujours en cours d’élaboration. AJACCIO ne déroge pas à cette règle. 

Un dynamisme démographique pour les communes péri-urbaines 

Le territoire a connu entre 1999 et 2011 une hausse importante de sa population (+15.7 %). Cela se traduit par des évolutions démographiques pouvant aller jusqu’à 40 % pour certaines communes (ex: Afa). Les accroissements de population se sont systématiquement réalisés en faveur des communes situées dans des zones péri-urbaines (Afa, Alata, Appietto, Sarrola, Cuttoli-plaine, Peri-plaine, Bastelicaccia, Cauro, Eccica Suarella). Cette croissance démographique pose en corollaire la question de l’intégration des populations nouvelles mais également de la relation entre l’intégration, les questions de langue et de culture, mais aussi du lien d’appartenance au nouveau territoire. Si ce dernier présente une densité moyenne de 40 hab au km², seules les communes mitoyennes d’Ajaccio présentent les densités les plus importantes : Afa (253 hab/km²), Bastelicaccia (190hab/ km²), Alata (102 hab/km²) et Sarrola-Carcopino (81 hab/km²). Les communes périurbaines de l’agglomération Ajaccienne connaissent une forte croissance de leur population en raison des flux qui s’exercent au détriment du rural. Ce déplacement des populations sur la périphérie a pour origine 3 raisons principales :
- L’absence d’un véritable plan de déplacement urbain à l’intérieur de la ville qui se traduit par une situation d’embouteillement extrême,
- Le coût élevé de l’immobilier qui bloque considérablement l’accès à la propriété et à la location,
- Le développement anarchique et totalement spéculatif du locatif estival (mai à octobre) qui encombre lourdement le marché et favorise la surenchère sur les prix.

Les communes rurales, ont un indice de vieillissement important (18% de la population a moins de 20 ans et 23,7% a plus de 60 ans) avec une moyenne d’âge qui se situe à 42.3 ans contre 40.1 au niveau national. Ces dernières ont cessé de perdre des habitants en raison d’un solde migratoire positif (0,2%/an).Le solde naturel moyen reste quant à lui très faible (0,2% en moyenne sur les dix dernières années). Il est symptomatique d’une population vieillissante.

Un territoire marqué par une dualité périurbain/rural

L’espace territorial que forme la vallée de la Gravona a toujours été séparé en deux parties distinctes (mais historiquement et économiquement liées) dont l’une est désormais périurbaine et l’autre rurale. Les communes de la haute Vallée de la Gravona sont faiblement peuplées, mais leur démographie est de nouveau dynamique depuis 1999 (croissance démographique : +2,3% sur 10 ans). La haute vallée est presque entièrement tributaire des services disponibles dans la zone périurbaine tandis qu’une part significative des actifs travaillent sur le territoire de la C.A.P.A. L’économie est orientée vers le tourisme et l’agriculture. La vallée de la Gravona conserve une attractivité résidentielle et un potentiel de développement dans le domaine de l’agriculture, de l’agroalimentaire et du tourisme (agro-tourisme et activités de pleine nature). Sur les 6 communes de la vallée du Prunelli, seule Bastelica a conservé son aspect de petite ville de montagne et son rôle de bourg centre cantonal. Les communes proches du littoral, Bastelicaccia, Cauro et Eccica-Suarella, entrant dans une dynamique périurbaine, ont vu le nombre de permis de construire délivrés augmenter fortement de même que leur population résidente s’accroître. Il existe cependant une volonté de faire revivre les solidarités entre haute et basse vallée. Les principaux actifs travaillent sur le territoire de la CAPA. La vallée du Prunelli est encore marquée par l’agriculture dont la Plaine Saint-Jean est le principal lieu d’exploitation. L’élevage ovin/bovin en est l’activité dominante avec le maraîchage sur la commune de Bastelicaccia. Les communes sont déterminées à préserver leurs emprises agricoles : création d’agences foncières pastorales, volonté de valorisation des savoir-faire et développement de l’agrotourisme. Concernant les conditions de vie, on note de fortes disparités au sein du territoire. En effet, dans la Haute-Vallée de la Gravona par exemple, la faiblesse des revenus des habitants et des retraités y est plus marquée (la part des locataires à bas revenus sur le nombre d’allocataires de la CAF s’établit à 45,4% contre 39 % en moyenne régionale). A noter également l’absence de transport collectif pour l’ensemble des communes du PRUNELLI qui handicape lourdement la mobilité des personnes résidant en milieu rural.

a) L’environnement et le cadre de vie

Le territoire possède une grande diversité de paysages (vallées, plaines, fleuves, montagnes...). Il fait l’objet de nombreuses mesures de protection pour préserver son patrimoine environnemental (paysager, faunistique et floristique). L’un des éléments le plus remarquable du territoire est le Golfe d’Ajaccio où débouchent les vallées de la GRAVONA et du PRUNELLI. Les sites du golfe d’Ajaccio et de Capo di Feno sont classés NATURA 2000. Le territoire est riche en eau (débit intéressant de la Gravona et du Prunelli). Le principal équipement du territoire est le barrage de Tolla, qui alimente Ajaccio et la Rive Sud en eau potable. D’une capacité de 32 millions de m3, c’est le plus grand ouvrage hydraulique de Corse. A quelques exceptions près la qualité de l’eau potable en milieu rural est souvent insuffisante en raison de la mauvaise protection des captages, de l’absence de traitement et de réseaux vétustes. Les communes du littoral et de la première couronne Ajaccienne bénéficient d’une eau traitée dans les usines de potabilisation du territoire (SIVOM de la Rive-Sud – usine de la Confina). L’épuration n’est pas la seule cause de pollution des cours d’eau, mais des progrès restent à faire dans les vallées pour valoriser l’utilisation ludique de ces fleuves et protéger la faune et la flore. Plusieurs communes se sont engagées dans le renouvellement ou la construction d’une station d’épuration, démontrant une certaine prise de conscience quant aux impératifs de préservation de l’environnement. Du point de vue des infrastructures de communication, le réseau routier est bien entretenu et les voies d’accès satisfaisantes. La présence sur Ajaccio, d’un port, d’un aéroport, d’une gare maritime, d’une gare ferroviaire accroît considérablement le potentiel de mobilité des résidents installés sur le territoire et offre des conditions de désenclavement très satisfaisantes. En revanche la mobilité des résidents situés sur la vallée de la GRAVONA est impactée défavorablement par l’absence d’une plateforme intermodale permettant un transport régulier et permanent des voyageurs jusqu’au centre-ville d’Ajaccio. Actuellement ce déficit dans l’offre de transport en commun rend de plus en plus difficile et aléatoire l’accès à l’hyper – centre et contribue à bloquer son développement.

b) Culture, patrimoine, loisirs et tourisme

Le territoire est caractérisé par une grande variété de patrimoines : 
- patrimoine vernaculaire lié à l’eau (lavoirs, moulins, fontaines...)
- patrimoine vernaculaire lié aux anciennes activités agro-sylvo-pastorales (fours à tuiles, murs en pierres sèches, glacières,...)
- patrimoine préhistorique et historique, notamment les sites archéologiques (Alata, Peri, Cuttoli, Villanova, Tavera).

Les éléments d’une offre de loisirs diversifiée sont présents sur le territoire : tourisme vert s’appuyant sur de nombreux parcours de randonnées (dont le GR20 qui traverse la partie haute du territoire), l’attrait des villages et des sites naturels de l’intérieur. Le territoire dispose également de nombreux sites (Richjusa, monte Gozzi, Vero, Tolla…) pour la pratique d’activités de pleine nature (randonnées aquatiques, Via Ferrata, Canyoning). La vallée du Prunelli dispose d’un attrait touristique lié au stade de neige du Val d’ESE, du lac de Tolla, des gorges du Prunelli. La vallée de la Gravona mise sur l’attrait de la montagne et des activités physiques de pleine nature pour appuyer sa stratégie de développement touristique : sentiers de randonnées, accrobranche, canyoning, liaison avec la haute vallée du Prunelli. Les sports de pleine nature sont un des vecteurs de développement des zones rurales dans la mesure où ils touchent des publics disposant d’un pouvoir d’achat conséquent. Toutefois cette profession n’est pas organisée. Elle manque parfois de professionnalisme et ne procède pas suffisamment à la bonne gestion des sites visités. L’agro-tourisme est sous représenté dans l’offre touristique globale. On ne recense qu’une quinzaine d’unités (chambres d’hôtes et gîtes ruraux) sur tout le territoire pour une fréquentation estivale évaluée à 15000 visiteurs. Des démarches innovantes de promotion du territoire, comme la route «i Trè Vaddi» ont déjà permis de créer des synergies entre intérieur et littoral. Le patrimoine rural, grâce à la promotion de ses savoir-faire (agriculture, agroalimentaire, artisanat), est devenu un élément important de l’identité du territoire. D’autres projets, comme l’aménagement du lac de Tolla et du stade de neige d’ESE, visent à créer des points d’attraction à l’intérieur, tout en visant à l’allongement de la saisonnalité touristique. Des communes s’illustrent et ont entamé des démarches de création de charte paysagère comme la commune de Peri. Les territoires de la vallée de la Gravona et du Prunelli comptent un office de tourisme intercommunal chacun. La commune d’Ajaccio dispose elle d’un Office municipal qui fait également fonction d’office de pôle. Au-delà de la diversification de l’offre de loisirs, une réflexion entamée par la Ville d’Ajaccio doit être poursuivie, aux côtés des autres offices de tourisme, afin de travailler à la constitution d’une offre de produits touristiques « packagée » incluant l’hébergement. Un des objectifs  du projet européen BONESPRIT, dont la ville d’Ajaccio est partenaire, avec Cagliari et Portoferraio, est la  « création et la promotion de nouveaux produits touristiques liés à la mise en valeur du patrimoine et intégrés au niveau de l’archipel ». Le titre même du projet manifeste l’ambition de diffuser les résultats obtenus et de servir de modèle dans toute la Méditerranée (la Commune de Cagliari est depuis longtemps engagée dans des actions de networking de ce type).

c) Habitat et aménagement

Certaines communes (Cuttoli-Corticchiato, Sarrola-Carcopino, Peri, Afa, Appietto) ont une double caractéristique : un village concentré, à l’habitat dense et une plaine anarchique, à l’habitat diffus. Par ailleurs, le territoire souffre d’un manque important de logements sociaux qui sont concentrés sur Ajaccio. Parmi les causes de retard en matière de logement social le manque et la cherté du foncier disponible sont des freins particulièrement rédhibitoires à la construction. Concernant le réseau routier, ce dernier est déterminé par le relief : La RN 193 reliant Ajaccio à Bastia, traverse la vallée de la Gravona. La RN 196 reliant Ajaccio à Sartène traverse la basse vallée du Prunelli. Un réseau secondaire très dense innerve le territoire et permet des communications transversales entre basses et hautes vallées (par le col de Scaledda, Tartavellu, Saint Pierre). Ce dernier est cependant en mauvais état sur certains tronçons.

2. UNE AGRICULTURE DYNAMIQUE ET TRÈS DIVERSIFIÉE

L’agriculture est un secteur économique qui occupe une place importante sur ce territoire de projet. En effet, on recensait au 31.12.2014 (source MSA) 206 exploitations agricoles (20% des actifs agricoles de Corse du sud) principalement situées en zone de montagne (50%). Seulement 32% d’entre elles sont implantées en zones de plaine, là où se concentrent les Espaces Stratégiques Agricoles les plus importants. Cette contradiction est un des points faibles de l’économie de production du territoire. Elle témoigne de l’emprise urbanistique et surtout de son influence néfaste sur les comportements individuels (attente spéculative, surenchère financière, opportunités de déclassement des terres) qui gèle durablement le foncier à forte potentialité agricole. L’agriculture de ce territoire est très diversifiée (on ne compte pas moins de 12 branches d’activités différentes). Elle dispose d’une offre de production très complémentaire avec une prépondérance des activités d’élevage (62,6%) qui se concentrent sur les bas de vallée pour les productions ovines (Afa, Appietto, Peri, Bastelicaccia) et les hauts de vallée pour la production porcine (Bastelica, Bocognano, Cuttoli-Corticchiato). L’élevage bovin est mieux réparti sur le territoire même si la commune la plus importante avec 550 têtes de cheptel est Bastelica. Enfin, l’élevage caprin est principalement concentré sur les communes de piémont (Tavera, Ocana, Ucciani, Carbuccia, Peri) qui comptent environ un à deux élevages par commune. Leur production est, pour l’essentiel, transformée sur l’exploitation (fromage / brocciu). Le territoire est doté de deux équipements structurants : l’abattoir multi espèces de Cuttoli et l’abattoir porcin de Bastelica. Tous deux font l’objet d’un contrat d’affermage avec des sociétés privées. Ils font partie intégrante du schéma d’abattage régional géré par la CTC. Ils couvrent 60% de la production de viande (agneaux, cabris, porcs, veaux, manzi) du département. 3 coopératives de collecte / commercialisation sont implantées sur le territoire du pays Ajaccien et regroupent les grandes filières d’élevage (lait ovin - coopérative « A Pecurella », Agneaux – coopérative « Agnelli et Capretti », viande bovine – « Altra Carri »). Ces 3 entités rassemblent environ 130 éleveurs. Elles commercialisent l’intégralité de la production collectée sur l’ensemble de la Corse. L’agriculture sur le territoire est également un atout pour le développement de la filière agro-industrielle (Sarl fromagerie d’Alata, Sarl Aziana, Salaisons Sampiero, Sarl L’INFERNU, etc...) qui valorise l’image de qualité des productions fermières à travers une offre de produits variée à forte valeur ajoutée. Les matières premières locales ne concernent malheureusement qu’à peine 40% de leur production. On note sur le territoire une stabilisation des surfaces cultivées. Les communes les plus agricoles en termes d’espaces stratégiques agricoles (ESA) sont Appietto avec plus de 1500 hectares, soit 43% de la superficie de la commune, Bastelica avec 1167 hectares, Alata avec 678 hectares et Bocognano avec 575 hectares. La maîtrise du foncier demeure une contrainte très forte pour les agriculteurs implantés en bas de vallée. On dénombre sur le territoire seulement 2 Associations Foncières Pastorales (CAURO, TOLLA) et une Association Syndicale Libre (CARBUCCIA) en cours de transformation. La typologie de ces unités de production correspond dans 80% des cas à de très petites exploitations agricoles de type familial (TPE) n’employant aucun salarié. Leur chiffre d’affaires moyen est de 19000€/UTA contre 22000 €/UTA au niveau régional (PDRC-2014). Le secteur des Pépinières – Jardins-Espaces Verts ainsi que le maraîchage présente des exploitations de taille plus importante mais en nombre relativement faible (10 exploitations maraîchères, 32 pépinières/JEV). A noter le dynamisme du maraîchage sur la vallée du Prunelli qui concentre sur deux exploitations (10 ha de serres chauffées et 20 ha cultures de plein champ), 20% du marché-primeur de Corse pour un chiffre d’affaires consolidé de 3 millions €. Le nombre total d’unités de travail annuel UTA (quantité de travail d’une personne à temps plein sur une année) varie selon les communes : il est de 62 pour la commune de Sarrola, 33 pour Bastelica. En termes d’emplois, l’agriculture représente à l’échelle du territoire 2% de l’emploi. Ce chiffre se situe légèrement en dessous de la moyenne départementale qui est de 3 % des emplois. Le nombre de nouvelles exploitations sur le territoire est resté stable au cours des 10 dernières années (5 installations / an) avec un vieillissement durable des actifs agricoles en raison du non renouvellement des exploitations (1 installation / 5 départs à la retraite chaque année). L’activité agricole dans le Pays Ajaccien est menacée, d’une part par l’urbanisation progressive des basses vallées et des plaines littorales (mitage des emprises agricoles) et d’autre part, par l’importation de matières premières contrefactées, commercialisées sur le bassin Ajaccien. Ces pratiques mercantilistes nuisent à l’image de qualité des produits fermiers et entachent durablement l’essor du pastoralisme. Toutefois le territoire se distingue par l’action de certains acteurs agricoles qui, au travers de l’association « i Trè Vaddi » ont su se regrouper en conduisant des opérations pilotes de promotion des produits et de valorisation des savoir-faire. Le territoire accueille 7 foires rurales à dominante agricole, dont la plus ancienne (30 ans) et la plus importante (25 000 visiteurs) se tient, chaque année, sur la commune de BOCOGNANO. Cette dernière est à l’origine du renouveau de la filière castanéicole. Malheureusement la filière est aujourd’hui confrontée à un parasite très agressif (le cynips – hymènoptère de la famille des guêpes) qui menace durablement le potentiel castanéicole de notre région (perte potentielle attendue = 50% de la production). Le territoire est aussi le cœur de la filière insulaire de production et de transformation des Plantes Aromatiques Médicinales (2 exploitations). Ces productions sont certifiées AB et principalement orientées sur le marché de l’aromathérapie. Les professionnels de cette jeune filière témoignent d’un réel dynamisme et surtout d’une capacité d’innovation dans le développement de nouvelles gammes et surtout de nouveaux marchés à l’international (Chine). La vente directe est le mode de commercialisation le plus souvent rencontré, notamment sur les petites exploitations d’élevage. Elle permet de produire une valeur ajoutée non négligeable pour les exploitants et garantit une origine de production qui rassure les consommateurs. Malheureusement l’offre est très largement inférieure à la demande et encourage le développement du travail à façon sur de la matière importée (lait de brebis, viande de porc, charcuterie). La pêche est historiquement une composante de l’agriculture mais elle dispose d’un programme opérationnel et d’un instrument financier dédié (FEP) dans le cadre des fonds structurels européens alloués à la Corse.

3. UN DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE CONTRASTÉ ET UNE SITUATION DE L’EMPLOI HYPERTROPHIÉE

Le profil économique de la Ville d’Ajaccio se caractérise par le poids important de l’emploi public qui concentre à lui seul entre 25 et 27 % de la population active présente sur le territoire du « pays Ajaccien » (100 emplois publics pour mille habitants contre 62 en moyenne nationale). Dans son ensemble, la ville d’Ajaccio et sa périphérie limitrophe canalisent, tous secteurs confondus 84 % de l’emploi dont les 2/3 concernent des professions intermédiaires, des employés ainsi que des ouvriers. Du point de vue de l’emploi, le territoire (hors Ajaccio) recensait au 31.12.2014 : 9667 personnes ayant un emploi durable à temps partiel ou à plein temps dont une majorité (8073) était salariée avec une répartition à peu près équitable d’hommes et de femmes. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, B, C est élevé. Il se situe à 10.9% de la population en âge de travailler et concerne 55 % des femmes. Les jeunes de – 25 ans sont sur-représentés avec 20% des effectifs recensés et les ¾ d’entre eux n’ont pas de diplôme.

Une prédominance du secteur tertiaire dans l’emploi salarié privé
 
Concernant les activités du secteur privé, elles connaissent un desserrement progressif d’Ajaccio vers les communes voisines en raison de la raréfaction du foncier. En matière d’emploi salarié privé, l’économie du canton de Celavu-Mezzana est structurée autour de 3 grands secteurs : la construction (39% des emplois), le commerce (26%, en majorité dans le commerce de gros comme les produits surgelés ou les matériaux de construction) et les transports (10%, avec les transports de marchandises et la manutention). L’emploi salarié privé a fortement progressé sur la période 2000-2010 passant de 960 emplois à 2350. La commune de Sarrola-Carcopino est l’unique commune du territoire à dénombrer plus d’emplois que d’actifs résidents. Les industries agricoles et alimentaires concentrent près de 10 % des emplois salariés privés du territoire essentiellement dans la fabrication de produits à base de viande d’importation. Le canton de Bastelica compte peu d’emplois privés salariés. Ils se répartissent essentiellement dans la construction qui a enregistré une forte croissance sur 2000-2006. L’agroalimentaire y est également présent avec deux établissements de fabrication de produits à base de viande (charcuterie industrielle). La vallée du Prunelli a une vocation résidentielle, agricole et n’accueille pas, en dehors des installations EDF de Tolla et Ocana, des activités de services significatives. Le tissu économique du territoire se compose majoritairement de très petits établissements souvent unipersonnels. La part des entreprises de 1 à 9 salariés est la plus importante dans le secteur du commerce (43%) et la plus faible dans le secteur des services. Les activités économiques des zones rurales du territoire renvoient majoritairement à l’agriculture et à quelques entreprises du secteur agroalimentaire dont certaines sont tournées vers l’exportation. La structure économique du territoire se caractérise également par l’importance des revenus « résidentiels », principalement les revenus des touristes, traduisant l’importance du tourisme dans le développement des activités et des emplois. Les territoires des communautés de communes de la haute vallée de la Gravona et de la vallée du Prunelli sont classés en Zone de revitalisation rurale (ZRR).

4. UNE ÉCONOMIE SOCIALE À DYNAMISER

L’état des lieux socio-économique du territoire du « Pays d’Ajaccio » offre la particularité de concentrer à la fois l’un des principaux pôles économique et administratif de Corse et dans le même temps une forte représentation de la précarité et de la pauvreté. On observe depuis plusieurs années un accroissement des publics prioritaires (3000 personnes sont allocataires des minimas sociaux soit 1 ménage sur 10 contre 1/14 au plan national) et une disparité de plus en plus grande des revenus (les écarts entre les plus hauts et plus bas niveaux de vie exprimés en standard de pouvoir d’achat sont, en moyenne de 6 contre une moyenne nationale se situant à 4.5). Cette fracture sociale est renforcée dans les territoires ruraux par le vieillissement des populations, l’isolement et la permanence d’un chômage « longue durée » qui affecte principalement les jeunes sans diplôme et les familles monoparentales. Actuellement cet état de fait perdure et impose, à tous, une réflexion approfondie sur les moyens à mettre en œuvre rapidement pour répondre aux nouveaux besoins de santé des personnes âgées (mobilité, services aux personnes, accueil,..) et aux attentes des publics jeunes confrontés très tôt à l’exclusion sociale.

5. SYNTHÈSE DU DIAGNOSTIC PARTAGÉ

Lors des rencontres territoriales et de la conférence des partenaires, les participants ont débattu et partagé en toute connaissance sur l’état des lieux du territoire. Le tableau des AFOM présenté ci-après renvoie l’image la plus fidèle du profil territorial du pays d’Ajaccio.
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